Lt. Richard N. Berry

P-38J #43-28473

Codé E6-?

370 FG/402 FS

LT BERRY

Au lieutenant Richard N. BERRY, né le 20 février 1921 à ANACONDA (Etat du MONTANA). Inhumé au cimetière militaire de West POINT (Etat de NEW-YORK).

Le second pilote le First Lieutenant Richard N. BERRY Mle 026013 trouva la mort le lundi 19 juin 1944 vers 8 heures 30 dans un champ au lieu dit "La Baillarde" de l'ancienne ferme de la Boulais. Ce champ se situait près du boulevard urbain, actuellement en construction, à environ 150 m N.E. du rond point.

 

Le Lieutenant Berry était né le 20 février 1921 à Anaconda dans le Montana. Il était marié depuis un an et affecté au 402ème escadron de la 370ème escadre; base 406 aviation.

Le 19 juin au matin, il quittait sa base d'Andover, environ à 80 hm N-NO de Portsmouth (sud de l'Angleterre) pilotant le P38-J15 numéro 43-28473, destination : Rennes.

Le sous-Lieutenant Oscar W Carlson a écrit dans son rapport :

"Le groupe de 3 appareils. comprenant celui du Lieutenant Berry, descendit en piqué à travers la couche de nuages et en ressortit à un angle d'environ 200°, à la vitesse approximative de 275 miles à l'heure, près de l'aérodrome de Rennes. La D C.A. légère au début, puis nourrie et précise commença immédiatement et pris les appareils dans un feu croisé. Aussi nous nous dégageâmes en prenant vite de l'altitude pour rentrer dans les nuages aussi rapidement que possible. Je ne revis pas le Lieutenant Berry par la suite. L'autre pilote du groupe ne le revit pas du tout, mais sont appareil fut plusieurs fois atteint par la D.C.A."

Rapport des Allemands: 19 juin, 9 heures 30 :

Pilote décédé près de Rennes à 2 kms au Nord ouest de Cesson Sérvigné. Le Lightning a effectué un crash à 100%. Marques cocarde et estampille sur le fuselage E.G. ".

Le corps du Lt Berry fut lui aussi inhumé au cimetière de Cesson. En juillet 1944, sa dépouille fut transférée au cimetière de Blosville, (Manche) avant être rapatriée dans le Post Cimetery du l'académie militaire de West Point (Etat de New-York).

Nous avons pu obtenir de nombreux témoignages de Cessonnais sur le crash du P38 du Lt Berry.

 

P38 LOSS

 

Avant sa chute d'abord, l'avion a été vu touché, par de nombreux témoins. Volant à basse altitude, il venait du sud survolant les champs de la Touche Albin et la ferme des Plantes, semblant vouloir éviter la Hublais avant de s'abattre dans un champ. Précisions

données par Jean Ledard (à l'époque enfant du fermier de la Boulais) et confirmées, par sa mère.

Les Allemands semblent être arrivés rapidement sur les lieux à motocyclette, très nerveux. Après constat de la situation ils sont repartis.

 

Habitant alors non loin de là, Mr Aymeric Simon, semble avoir été dans les tout premiers sur les lieux.

Il raconte : " L'avion avait percuté le sol près des Buttes de Coëmes dans la direction Est-ouest, couché sur le coté gauche, moteur dirigé vers Rennes. Le cokpit s'était ouvert sous le choc. La jambe du pilote avait glissé à l'extérieur de la carlingue, le pied brisé pendant dans l'alignement de celle-ci. La combinaison du pilote était de simple toile noire. Sa ma-west enserrait toujours son cou et masquait son visage."

Une partie de la journée les voisins entendirent des explosions provenant du l'appareil. En fin d'après midi, le calme revenu. les curieux s'enhardissaient pour venir voir et constater. Pour les uns le pilote était près de l'avion, pour d'autres à 50 mètres (sans doute avait-il été déplacé mais par qui ?).

Mme Dubois qui par ailleurs détient deux petites photos de la carcasse de l'appareil, dit que le lendemain son père, Jean Péan, est allé déposer un bouquet de coquelicots enrubanné de bleu blanc et rouge. Dans la soirée, des employées de Mr et Mme Jacquard retiraient l'alliance du pilote qui fut portée le lendemain à la Mairie. Il semble que le Lt Berry, craignant sans doute le pire, ait voulu se délester de ses papiers avant la chute. En effet. dans les jours qui suivirent, Pierre Limeul trouvait ces derniers dans un chemin. Il les remit plus tard à la commission d'enquête venue sur les lieux et qui repartit aussitôt, satisfaite avec ces documents.

Quant a Joseph Gorieux, ce ne fût qu'en août qu'il découvrit dans un champ le portefeuille du pilote ainsi qu'un mouchoir portant des initiales, le tout fut également porté à la Mairie.

Ces délais expliquent sans doute pourquoi le premier document établi a Cesson indique "aucune pièce d'identité ", On dit aussi que le parachute fut récupéré par des voisins ?

En resteraient-il des morceaux ?

Les sépultures des pilotes cotoyèrent plus tard celles de deux soldats Allemands tués à Cesson le 4 août 1944, jour de la libération de Rennes et Cesson..

(Qui pourrait nous éclairer sur l'enlèvement de l'armement. (les appareils radio puis par la suite des carcasses d'avion ?).

 

402FS, Bradley Field Connecticut, janvier 1944.

Lt Berry est au dernier rang, 6ème en partant de la gauche, juste sous le raccord de l'aile avec le fuselage du P47.

 

 

BANDE DESSINE

En page intérieur de la plaquette souvenir, voici brièvement raconté le destin du Lt Berry sous la forme d'une bande dessinée.

Par Francis Nicole, 1994.

 

LES FAMILLES DES PILOTES

 

Par l'intermédiaire des directeurs des cimetières Américains les familles des pilotes ont pu être retrouvées et contactées.

En ce qui concerne le Lt Berry nous avons retrouvé son épouse et sa fille (née un mois après sa mort) qui nous ont écrit. Son épouse s'est remariée et habite Rosemont, en Pennsylvanie. Sa fille. Susan, vit à Hortsdale, Etat de New-York. Elle est mariée et a trois enfants. Un de ses fils porte le nom du Lt Berry.

La famille se dit très honorée et très fière de l'hommage que rend la ville de Cesson au Lt Berry. Ils ne connaissaient ni les circonstances ni le lieu de la mort du Lieutenant.

Ne pouvant se rendre le 6 juin à l'invitation de la ville, ils espèrent pouvoir un jour venir à Cesson se recueillir sur la stèle. Ils expriment toute leur gratitude à la ville et aux Cessonnais pour l'hommage rendu au Lieutenant Berry. La ville, qui a invité les deux familles à se rendre à Cesson quand elles le pourront, leur transmettra tous les documents et photos qui seront réalisés à l'occasion de la cérémonie du 6 juin prochain.

L'avion américain avait été abattu le 19 juin 1944

La famille du pilote reçue à Cesson.

 

Il y a 53 ans, presque jour pour jour, un jeune pilote américain de 23 ans était abattu par les Allemands au dessus de Cesson Sévigné. Cette semaine, la veuve et la fille sont venues pour la première fois sur les lieux du crash.

C'était le 19 juin 1944, deux semaines après le D-Day en Normandie La date qui figure sur le timbre de son dernier courrier que recevra sa jeune épouse enceinte quelques jours plus tard dans le Montana. Ce jour là, le pilote Richard Nicols Berry, basé depuis janvier 1944 en Angleterre, est envoyé en mission de reconnaissance en France. Vers 9 h du matin, au dessus de Cesson Sévigné, son avion est abattu par la flak allemande. Le pilote périt dans le crash de son P.38 Lightning. L'avion s'écrase près d'une ferme de la Boulais.

A des milliers de kilomètres de l'autre côté de l'Atlantique, Ruth Berry la jeune épouse de Richard depuis un an seulement ne sait rien du drame. Trois semaines plus tard elle met au monde son premier enfant: la petite Suzanne, le 5 juillet 1944. Pendant deux ans Richard Berry est officiellement porté disparu. La famille ignore qu'il a été inhumé dans le cimetière de Cesson Sévigné tout près de la tombe d'un autre pilote américain mort au combat dans des circonstances identiques, le 18 juin. Les deux corps ne seront rapatriés qu'en 1946.

 

La famille américaine et le maire de Cesson, Roger Belliard, hier à une cérémonie du souvenir sur !a stèle en l'honneur de deux pilotes américains.

 

53 ans ont  passé et jamais Ruth ni sa fille Suzanne n'étaient venues sur les lieux du crash. Pour la bonne raison qu'elles ne les connaissaient pas. Cette semaine la mère, sa fille et deux des trois enfants de celle-ci âgés de 15 et 16 ans étaient invités de la ville de Cesson Sévigné. La famille du lieutenant Berry avait déjà été invitée en 1994 pour l'inauguration de la stèle à la mémoire des deux pilotes.

Mais le deuxième mari de Ruth Berry était emporté par une grave maladie quelques mois plus tard.

Pour aboutir à ce séjour émouvant il aura fallu la ténacité d'un passionné d'histoire de sa commune, Joseph Pelerin.   II a alors entrepris un travail pour retrouvé les traces du pilote.

II avoue avoir eu envie de vérité après mais avoir entendu tout et n'importe quoi sur ces deux pilotes abattus.

Multipliant les courriers aux archives nationales à Washington: «On m'avait bien prévenu on ne voulait pas me communiquer les coordonnées de sa famille sans l'accord de celle-ci ».

 

Finalement c'est par l'administration des cimetières militaires, qui lui a remis la photo de la tombe aux États-Unis, que Joseph a pu établir le contact.

 

Parmi les moments forts de cette visite, la rencontre avec une vieille femme de 95 ans. Elle était la fermière la plus proche du lieu du crash et la première à découvrir le corps du pilote. « J'ai été très impressionnée » confiait Suzanne.

 

Ouest-France 7-8 juin 1997

Xavier ORIOT.

TOMBE BERRY

plaque stele