Le Val d'Izé

"La Hurie"

Nuit du 8 au 9 août 1944

Armstrong Whitworth Albemarle GT.Mk.I Srs.2 P1501

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Reportage de 4,30 minutes consacré au travail de l'ABSA au Jt du 20 heures du samedi 22 juin sur France 2

La commémoration à Betton et le chantier de fouille au Val d'Izé

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Armstrong Whitworth Albemarle AW.41

Caractéristiques de l'Armstrong Whitworth Albemarle

Nationalité : Anglaise

Constructeur : Armstrong Whitworth

Date du premier vol : 1939

Date de mise en service : 1943

Rôle : Bombardier, Transport et remorquage de planeur

Equipage : 6

Envergure : 23.47 m

Longueur : 18.26 m

Surface alaire : 74.65 m²

Poids à vide : 11 497 kg

Poids maxi au décollage : 16 556 kg

Moteur : Deux Bristol Hercules XI de 14 cylindres

Puissance : 1 590 ch. Unitaire, (1186 kW)

Vitesse maxi : 426 km/h à 3 200 m

Vitesse de croisière : 274 km/h

Plafond : 5 486 m

Autonomie : 2 092 km

Armement : Quatre mitrailleuses dorsales de 7,7 mm

 

L'Albemarle ST. Mk I & II est à l'origine un avion de transport de troupe, mais le P1501 fut modifié en mai 1943, il est alors équipé des lance-bombes, mais avec suppression de la tourelle ventrale et des réservoirs de fuselage. La tourelle dorsale était remplacée par 4 quatre mitrailleuses Browning de 7,7 mm, une porte pour le chargement cargo faisait son apparition à droite du fuselage et une trappe de largage de parachutistes était percée dans le plancher à l'arrière du fuselage. Un crochet de planeurs Malcolm apparaissait à l'arrière du fuselage. Ce qui lui donne l'appelation du GT (glider towing, remorquage de planeurs). Mk I Srs. 2.

 

Warrant Officer, Pilot. STENNING BRUCE.

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Flight Sergeant. ABELL EDWIN RAYMOND.

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Flight Sergeant. ELWOOD ALAN FRANCIS CHARLES.

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Flight Sergeant. HAMMOND CHARLES, ALFRED.

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Flight Sergeant. MANTON FREDERCK NORMAN.

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Sergeant (W.Op./Air Gnr.). COWHAM RALPH.

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Armstrong Whitworth AW 41, Albemarle P1501, du 296 squadron, perdu la nuit du 8 au 9 août 1944, lors d'une mission Mark 17, SOE parachutage (DZ : 47,00,00 N – 00,40,39 E), qui correspond à : La Cornière, à environ 5 km au nord ouest de Descartes, en Indre et Loire.

Décollage à 22h05 du terrain de Brize-Norton. Pilote : W/O. Stenning. 6 containers à parachuter. Il y avait plusieurs Albemarle en mission cette nuit là mais seul un a été perdu, celui pour Mark 17. Ce terrain a reçu 3 avions, 1 Albemarle et 2 Stirling qui ont largué 49 containers et 6 paquets. SOE Mission DZ 47.00.14N, 50.40.39E.

4 Abermale. Mission SAS, DZ : 48,19,05 N – 03,14,30 W. Qui correspond à : Kerguiniou, Trémargat, France.

Abemarle II, V1646, pilote F/O. A. McK. Fraser.

Abemarle VI, V1785, pilote F/Sgt. N. Buttler.

Abemarle I, P1432, pilote S/Ldr. R.W. Jamerson.

 

Itinéraire plus au moins précis du passage de l'Albemarle, poursuivi par son "chasseur"

 

L'avion à été vu passer au dessus du bourg du Val d'Izé, venant du nord vers le sud, obliquant plein ouest. Le Sergeant Ralph COWHAM a sans doute évacué l'appareil en passant au dessus de la prairie. Quelques coups de feu, l'avion est passé juste au dessus de la ferme de M. Poirier.

Se dirigeant droit vers les bâtiments de la ferme de la "Hurie", dont les locataires étaient à l'époque M. & Mme Bottier. L'avion en feu a frôlé l'angle d'un bâtiment et un arbre, le brûlant au passage, tellement il était bas à ce moment là. Avant de finir sa course une soixantaine de mètres plus bas dans la prairie de la "Hurie".

Aucune revendication de la chasse de nuit allemande pour la nuit du 8 au 9 août.

Par contre un DO 217 va être revendiqué par un équipage de Mosquito en patrouille le long des côtes de Saint Malo. Le Mosquito va voler plus au sud, une première attaque sur le "DO 217" va être enregistré à 1h du matin dans la région de Rennes. Une deuxième à 1h12 à 10 miles(16 km) à l'est de sa première revendication.

Aucune perte de DO 217 connue pour ce jour. Sans doute il y a eu une méprise, un DO 217 et un Albemarle, avions d'apparence similaire.

L'Albemarle touché à mort sous les coups de son poursuivant va exploser au sol avec son chargement d'armes et munitions dans une prairie au lieu dit "La Hurie" sur la commune du Val D'Izé.

Après la terrible explosion de l'avion, des débris de l'Albemarle il y aura seulement deux cercueils, dont celui du corps de l'aviateur retrouvé dans le champ. Aucun des cinq membres de l'équipage vont pouvoir être identifiés.

Ce crash fut un mystère pendant de nombreuses années, beaucoup de témoins de l'époque ayant disparus.

D'après les souvenirs locaux, il était question d'un avion en bois, chargé d'armes et de munitions. Aviateurs américains, canadiens ou anglais. Le lendemain du crash des funérailles eurent lieu dans la commune du Val d'Izé, deux ou trois cercueils selon les souvenirs.

Pas de trace dans le cimetière local, pas d'écrit, la commune fut libérée le 3 août 44. Les corps furent relevés par les troupes américaines.

Un rapport de la gendarmerie indique : dans la nuit du 8 au 9 août 1944, vers 00h30 un avion anglais a explosé dans une prairie de la ferme de la "Hurie" sur le territoire de la commune du Val d'Izé, deux ou trois corps dans les restes de l'avion. Il est tombé durant un combat avec des chasseurs allemands.

Une seul témoignage capital qui a survécu au temps, un des corps des aviateurs fut retrouvé dans la prairie jouxtant les restes de l'avion, à environ une centaine de mètres de celle ci.

Un corps retrouvé sans parachute. L'aviateur avait ses papiers sur lui, mais plus aucun témoin pouvant nous fournir son nom. D'après les informations, l'homme en question avait quitter son avion en plein vol.

L'avion de transport a néanmoins parcouru encore plusieurs centaines de mètres de vol, M. Poirier se souvient très bien, l'avion est passé juste au dessus de notre maison.

Quelques tirs, soudain une grande lumière, comme en plein jour. Quelques secondes plus tard, une grande explosion. M. Poirier raconte, il a glissé jusqu'au milieu de la pré. L'avion en feu chargé d'armes et de munitions a instantanément explosé.

Creusant un profond cratère, les corps des malheureux aviateurs périrent dans l'explosion de leur avion.

60 ans après, sur le terrain, seulement deux ou trois coups de pelles, quelques pièces bien spécifiques vont refaire surface. Sur les pièces une série de chiffres et de lettres. Nous offrant ainsi des pistes sérieuses pour son identification. Les photos sont déposées sur le web, une réponse arrive sans tarder, les pièces correspondent Armstrong Whitworth AW 41, Albemarle. Un aviateur du nom du Sergeant Ralph COWHAM repose au cimetière Britannique de Bayeux. Il est un membre du 296 squadron, inhumé à la date du 9 août 1944.

L'Albemarle P1501 est donné perdu le 9 août 1944 dans la région de Périgueux, les cinq autres membres de l'équipage étant tous commémorés sur le mur des disparus à Runnymede.

Les restes des six membres de l'équipage vont être inhumés provisoirement après le 9 août 44, au cimetière de Saint James en Normandie par les soldats américains.

Rapport Personnel de Combat

En provenance de : 142 Wing, France

Destinataires : AELF (2) 85 Grotto (2)- 21 HD Sector 9th 4F, 9th ADO, etc

Le F/O Smith a décollé du terrain A-8 (Picauville) à 0h47 le 8 août à bord d’une patrouille Beach-Head sous la direction de Bedlam. (La station de la RAF Beachy Head de la Royal Air Force (RAF) était une station radar et l'un des nombreux porte-Accueil des stations radar-Bas, étant situé près de Beachy Head et Eastbourne dans le Sussex, en Angleterre). Il a été radioguidé en direction de Saint Malo et ensuite il a été relayé par Tailcoat qui l’a radioguidé vers le sud et qui lui a dit qu’il était guidé en direction de Trade qui se trouvait au sud à 7000 pieds.

Le F/O poursuit :

J’ai continué dans cette direction jusqu’à ce qu’on me dise qu’un avion ennemi se dirigeait de gauche à droite en volant vers l’ouest. Mon navigateur a établi un contact à une portée/ distance de 2 miles et demi (3218.7 m), 7 heures. J’ai perdu de l’altitude et me suis dirigé vers l’objectif, en réduisant la distance et j’ai pu voir quelque chose à 4000 pieds (121.92 m), 2 heures, 20° au-dessus. Je me suis rapproché sur la gauche, un peu en-dessous de l’objectif ; j’ai identifié à une distance de 100 yards un DO 217. L’avion ennemi a tourné sur la droite et a ouvert le feu depuis sa tourelle supérieure en me manquant de peu, au-dessus et au-dessous. J’ai effectué un tir court et j’ai vu des impacts sur le fuselage. L’avion ennemi s’est mis à descendre et j’ai suivi, en effectuant un deuxième tir et en constatant davantage d’impacts. L’avion ennemi a continué à descendre et a fini par s’embraser. Je l’ai vu s’écraser et exploser dans la région de Rennes.

Mon navigateur s’est branché sur Beacons afin d’essayer de préciser la position mais il s’est rendu compte qu’il se trouvait hors de portée d’un quelconque Beacon (RAF Danby Beacon Radar Station). En se remettant immédiatement sur A.I on a pu établir un contact, à une distance de ¾ miles, 10h, 15° en traversant de gauche à droite. Presque aussitôt une « image » est apparue. Je me suis stabilisé à 600 pieds, j’ai identifié l’avion ennemi comme étant un DO 217, ce qui a été confirmé par mon navigateur à l’aide de lunettes de vision nocturne ; j’ai tiré par deux fois à 600 pieds, pile à l’arrière et j’ai vu des impacts sur le fuselage. J’ai traversé sur la droite de l’avion ennemi alors qu’il effectuait une légère plongée ; je me suis rapproché et j’ai effectué un autre tir à une distance de 100 yards avec un angle de 60°. De la fumée s’échappait de l’avion ennemi. J’ai tourné, l’ai vu se crasher et exploser à environ 10 miles à l’est de la première cible. J’ai ensuite continué ma patrouille sans incidents ; j’ai atterri à A8 à 3h25 et déclare avoir détruit 2 Dorniers 217.

LES PIÈCES RETROUVÉES SUR LES LIEUX DU CRASH

VONT PERMETTRE L'IDENTIFICATION DE L'AVION

AT 30471

MK III A ?? A 349

AT 30471

Système de largage pour containers

 

AW 7860 (Armstrong Whitworth)

AW 9823 - G? 4892

Pièce sur les containers (4) "C" manque la partie de la poignée

Les restes de munitions de calibre 7,7 mm, avec un morceau d'un chargeur.

Les restes d'un fusil-mitrailleur britannique "BREN"

Les restes de deux Lee-Enfield
Merci à Chris Goss pour la recherche des documents, ORB, rapport d'accident,

ainsi qu'à Bruno Lecaplain qui ont permis de résoudre ce mystérieux crash.

38RAF

Daniel Dahiot, 2003

ORB des Squadrons de la RAF (38th Group, 296 Squadron) - Tranmis par Yves Jouan

ABSA 39-45 - Mai 2013