Dimanche 13 septembre 1942

Plougonver

"Kergus/Kervern"

PLOUGONVER. Côtes d'Armor

Dimanche 13 septembre 1942 Chute d'un avion bimoteur Anglais entre le village de Kerguset celui de Kervern.

 

Témoignage de Monsieur Paul Pataou

 

Je me souviens bien de cet événement survenu pendant la guerre. J'avais 11 ans. C'était un dimanche, jour de la fête à Bulat Pestivien, dimanche 13 septembre 1942. Nous avions eus une belle journée ensoleillée, et nous avions rendu visite à notre cousin Louis Le Meur à Bulat. Nous revenions à pied. En ce temps là, il y avait peu de voiture. Malgré l'occupation, circuler en soirée ne posais pas trop de problème dans notre région. Nous restions prudents malgré tout. Il faut dire aussi que notre trajet, traversait la campagne. Il faisait bon, avec un beau clair de lune. Il était environ 23 heures, quand soudain nous avons entendu un avion qui arrivait au loin. Le bruit des moteurs se rapprocha de nous. L'avion semblait de plus en plus proche. Très bas. Puis ce fut un bruit terrible, il venait de s' écraser entre Kervern et Kergus. Nous sommes rentrés rapidement à notre domicile de la Chapelle Neuve. Le lendemain matin, tôt je me suis dirigé pour voir cet avion. Il était coupé en deux, comme si on l'avait scié par le milieu. Quelques personnes étaient présentes. J'ai pu voir à l'intérieur des chapelets de balles qui étaient accrochés partout à l'intérieur. Il y en avait beaucoup. A l'avant il n'y avait que deux sièges. L'avion s'était écrasé dans un champ légèrement en pente. Je ne suis pas resté longtemps sur les lieux.

Jean Michel Martin - ABSA 39-45 - Février 2012

 

Voir ce récit. Un avion anglais s’écrase à Plougonver en septembre 1942.

Source : site de Joseph Lohou qui réalise une monographie de la ville de Callac(22160)

Dimanche 14 septembre 1941

Plougonver

"Kergus/Kervern"

Lockheed Hudson Mk. V AM777

Codé PZ-G

Le contenu de l'ORB du 53 Squadron est très mince, deux escortes et 10 A/S Sweep (Anti-submarine). Le PZ/G ne rentre pas de sa mission de St Eval.

 

Rapport d'évasion du Sergent Graham Archibald. Matricule : 946016. N° 53 Squadron. Royale Air Force.

 

J'étais opérateur radio et aussi, en cas d'attaque, mitrailleur à bord de L'Hudson Mk. V, codé PZ-G, qui décolla le 14 septembre à 13 heures 45 de l'aérodrome de Saint Eval en Cornouailles britannique pour une patrouille anti sous marine au dessus du canal d'Angleterre. Les autres membres de l'équipage étaient, l'officier pilote Gay TM, le sergent Powell, observateur et le sergent Tyson le radio mitrailleur. Aux environs de 20 heures, je ne pouvais plus capter aucune station radio à terre. Je ne pouvais pas non plus établir exactement notre position. Aux environs de 20 heures 15, après avoir traversé un lourd barrage de l'artillerie allemande, le pilote nous donna l'ordre de sauter en parachute. Je ne pense pas que nous avions été touchés par des projectiles mais plutôt que nous sommes tombés en panne de carburant. Ayant sauté, j'ai touché le sol à Tréflez sur la côte nord de la Bretagne à environ une quarantaine de kilomètres au nord de Brest. Immédiatement je me suis dirigé vers une ferme proche où l'on m’accueillit 4 jours. Pendant ce temps, le fermier fit en sorte de contacter des membres de la résistance. Le 18 septembre un guide vint me chercher et me dirigea vers Brest. Nous fîmes le trajet en vélo. Je restais une journée et demie dans cette ville. Mon guide me fit prendre le train pour Paris ou je fut hébergé 5 jours. A Paris j'ai rencontré le sergent Patton et le seconde classe Philipps. Tous les trois on a pris le train pour Nîmes puis Perpignan où nous arrivâmes le 3 novembre. Un guide français me récupéra pour me faire passer la frontière à pied par les sentiers de montagne. Ce même guide m'accompagna vers Barcelone où on arriva le 10 novembre.

Je fut conduit au Consulat Britannique et ensuite envoyé à l'Ambassade d'Angleterre à Madrid où l'on mit une voiture avec chauffeur à ma disposition. J'ai attendu 3 semaines que l'on établisse mes papiers et mon laisser passer visé par les autorités espagnoles dans le but de me rapatrier vers Gibraltar. Mon voyage fut entièrement pris en charge et mon guide fut payé pour tous ses services. Je quittais Gibraltar le 30 décembre 1941 et arrivait à Gourock en Écosse le 5 janvier 1942.


Rapport d'évasion du Flying Officer Gay Milroy. Matricule 87870. N° 53 Squadron Royale Air force. Bomber Coastal Command.

 

Ce 14 septembre 1941, je pilotais un Hudson. Nous avions décollé de notre aérodrome de Saint Eval à 13 heures 50 pour une mission de surveillance, une patrouille anti sous marine dans le sud de la mer d'Irlande. Après avoir survolé longuement la mer, au bout 1 heure 45 de vol, nous avons aperçu la côte pensant que nous nous trouvions face au Pays de Galles. Remontant vers le nord, nous étions face à une grande rade. Quelque peu désorientés, en fait nous nous trouvions en vue de la rade de Brest en France. Nous volions à une altitude de 600 mètres. Très vite nous avons été la cible de l' artillerie allemande. Nous nous trouvions donc bien au dessus du territoire occupé par l'ennemi. Nous avons été touché dans le fuselage de notre avion, puis sur un support moteur. J ai immédiatement mis l'Hudson en position pilote automatique dirigé vers la mer, tout en donnant l'ordre au trois membres de mon équipage de sauter en parachute. Je n ai pas vu notre avion s 'écraser au sol. Je pense qu il est tombé dans la Manche.

J' ai quitté l'avion entre 20 heures 20 et 21 heures et ai touché terre peu après au nord-est de Brest près de Lesneven. J ai erré 2 heures au hasard dans la campagne principalement à travers des marais. Ensuite, je me suis dirigé vers une ferme où l 'on m'a accueilli pour la nuit et le fermier m 'a donné à manger. De bonne heure le lendemain matin, je suis parti seul, un peu au hasard. J 'entrepris de rencontrer des personnes qui pourraient m' aider à changer mes vêtements. Aimablement on me procura des habits civils puis une paire de chaussures. Je repartis à pied pour une quinzaine de kilomètres et là, j arrivais dans un petit village dont je ne me rappelle plus le nom, à environ 10 à 12 kilomètres de Landivisiau. J' arrivais près d'une maison où j 'expliquais aux habitants que j 'étais un aviateur Anglais. On me donna à manger et l'on me donna des vêtements mieux adaptés à ma taille. Ces personnes me cachèrent dans leur jardin près de leur maison de midi à 20 heures. Ensuite, on me dirigea vers la gare de Landivisau et on me fit prendre le train en direction de Tours où j 'arrivais vers 9 heures 30, le 16 septembre 1941.

A la sortie de la gare de Tours, je me suis dirigé vers un café. Discrètement, vu ma situation, j'ai tâché de savoir ou se trouvait le passage de la ligne de démarcation. Le propriétaire de ce café me répondit ''Cormery''. Il me dit que lui même serait en mesure de m'aider à traverser. Il me fit savoir que je pourrai circuler dans cette localité sans autorisation allemande. Étant à Tours, je profitais de cette occasion pour rencontrer une famille française que j'avais visité avant guerre. Ces derniers, très surpris de ma visite me souhaitèrent la bienvenue malgré ma situation. Il me procurèrent une carte très détaillée de la région ainsi que sur Cormery. Le lendemain ,je rejoignis Cormery seul par le train. Arrivé dans cette ville, je contactais à nouveau un cafetier que l'on m'avait conseillé et qui m'accueillit très gentiment me précisant qu'il me ferait passer la ligne entre 20 heures et 21 heures le soir même moyennant la somme de 100 francs. En traversant la ligne, j ai rencontré un jeune Belge qui me demanda ce que je faisais là. Prudemment je lui dis que je cherchais à rejoindre Marseille. Il me dit ''ce sera difficile''. Cet homme faisait parti d'un réseau et me proposa de m'accompagner vers Lourdes.

Ce belge paya mon ticket de train. J 'arrivais à Lourdes le 17 septembre 1941 via Châteauroux et Limoges, soit 3 jours après le crash de mon avion. Je restais 3 semaines à Lourdes accueilli chez un autre belge de l'organisation d'aide. Je quittais Lourdes le 3 octobre en compagnie de 3 autres Belges que je ne connaissais pas. L'un était guide. Il nous dirigea vers Pau puis Cieron où, on prit un bus pour Tardets dans les Pyrénées. De la, on rejoignit Licq à pied, où dans un hôtel nous fûmes hébergés quelques heures. On attendit 20 heures qu'un guide vienne nous chercher. On traversa la frontière de nuit par la foret d'Iraty. A l'issue, nous devions changer de guide. Il ne vint pas. Nous avons dû continuer seuls. Traversant la Sierra de Abodi, passant près d'un sommet, redescendant la montagne nous fûmes arrêtés par la garde civile espagnole près de Villeneuve. On fût conduit à Burgette d’où on nous emmena en voiture à Pampelone. Je dois dire que notre voyage à pied par les sentiers fût épuisant.

A Burgette, nous fûmes bien traités par les autorités militaires. La garde civile espagnole nous conduisit à la prison de Miranda où l'on resta 3 semaines, puis ensuite dirigés vers un camp où l'on reçu vivres et vêtements de l'Ambassade d'Angleterre. Nous étions 70 dans chaque baraquement. Les gardes espagnols ne cachèrent pas leur sympathie pour l'Angleterre. Je quittais enfin ce camp surpeuplé qui accueillait entre 800 et 900 détenus, dont 350 Polonais. Aucun effort de notre ambassade pour nous libérer avant ces 12 semaines.... Le 22 janvier 1942, j'arrivais à Madrid. J'ai rejoins Gibraltar le 26 janvier et le lendemain 27 janvier, je quittais enfin ce port à bord du HMS Pélican. J'arrivais à Liverpool le 6 février 1942.

 

Jean Michel MARTIN - ABSA 39-45 - Le 12 février 2020

 

Pilot Officer (Pilot). GAY THOMAS MILROY. (EVD).

GO

Sergeant (W.Op./Air Gnr.). GRAHAM ARCHIBALD H. (EVD).

GO

Sergeant (Obs.). POWELL J.M. (POW)

Sergeant (W.Op./Air Gnr.). TYSON S. (POW).

Photos Collection copyright, Chris Goss - Aucune publication sans autorisation du propriétaire - 06/08/2018

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