Le 28 mai 1944

Moigné

"Les Ponts de Chancors"

Lancaster III ND814

Codé 60-T

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The Bomber Command War Diaries - Martin Middlebrook et Chris Everitt

 

Nuit du 27 au 28 mai 1944

 

BOURG-LÉOPOLD

 

331 aircraft – 267 Halifaxes, 56 Lancasters, 8 Mosquitos – Pour attaquer le camp militaire. 9 Halifaxes et 1 Lancaster perdus, 3,0% de la force. L'indicateur de but visé par l'Oboe est tombé sur la cible et le bombardement qui a suivi a causé de graves dégâts au camp. Aucun autre détail n'est disponible.

AACHEN

 

162 Lancasters et 8 Mosquitos du 1, 3 et 8 Groups, pour attaquer les chantiers ferroviaires de Rothe Erde. 12 Lancasters perdus, soit 7,0% de la force. Les lignes de chemin de fer des chantiers, qui n'ont pas été sérieusement touchées lors du raid 2 nuits plus tôt, ont été gravement endommagées et tout le trafic a été interrompu. L'utilisation d'une grande partie des bombes à retardement a été abandonnée. Le bombardement a également frappé la banlieue d'Aachen à proximité de Forst qui, selon les termes de notre expert local Hubert Beckers, « a été rasé au sol ». L'hôpital local, une caserne de l'armée, un bureau de l'armée, deux postes de police et 21 bâtiments industriels ont été touchés, ainsi que 603 maisons. 167 personnes ont été tuées et 164 blessées. La population locale a été impressionnée que le raid ne dure que 12 minutes.

 

NANTES

 

100 Lancasters et 4 Mosquitos du 5 Group, attaquer une jonction ferroviaire et des ateliers. Les 50 premiers Lancasters ont bombardé si précisément que le Maître Bombardier a ordonné au reste de la force de conserver leurs bombes. 1 Lancaster perdu.

 

RENNES

 

78 Lancasters et 5 Mosquitos du 8 Group. Ont attaqué l'aérodrome en bonne visibilité. Le marquage était bon et le bombardement était très précis. Beaucoup de dégâts ont été causés aux installations de l'aérodrome et il y a eu une grande explosion, probablement dans la réserve des bombes.

 

COASTAL BATTERIES

 

272 avions – 208 Lancasters, 49 Halifaxes, 15 Mosquitos – Ont effectué des raids sur 5 positions de batteries côtières sur la côte française. Toutes les cibles ont été bombardées de manière satisfaisante, 1 Lancaster et 1 Mosquito perdu. Opérations mineures : 23 Mosquito envoyés sur Berlin et 6 à Düsseldorf, 7 R.C.M. Sorties, 28 patrouilles Serrate et 10 intrusions, 60 aéronefs reliant le Havre à la Gironde, 10 avions sur des opérations pour la Résistance, 7 O.T.U. Sorties. 3 Mosquitos - 2 Intruders et 1 Serrate - perdus.

Total des efforts pour la nuit : 1 111 sorties en 17 opérations distinctes, 28 avions (2,5 %) de pertes.

 

 

Aérodrome de Rennes (Z.250)

27-28 mai 1944

Heure-H 0140

Planification de l’attaque :

Marquage principal – Marquage de localisation au sol en utilisant des explosions basses, vertes (700 pieds). Indicateurs de cible

1/105 Sqn sur Ch.3 à H-8

1/109 Sqn sur Ch.1 à H-7

1/105 Sqn sur Ch.12 à H-8

1/109 Sqn sur Ch.11 à H-7 avec 1 reserve du 109 Sqn suivant.

Au sol, les stations Oboe de localisation utilisées étaient : Sennen, Tilly Whim, Beachy Head and Worth Matravers. Chaque Mosquito Oboe était suivi et pointé en descendant le faisceau, à la fois par une "station de suivi" et une "station de larguage".

Master Bomber: W/C DM "Dickie" Walbourne 582 Sqn ND.899 60-B avec des marqueurs de cibles jaunes.

Deputy Master Bomber (ou Master Bomber adjoint): S/L HWB Heney 582 Sqn ND.814 60-T avec des marqueurs de cibles blancs.

L’avion de Heney est supposé avoir explosé au-dessus de l’objectif à 0145

Illuminateurs - 2/405 Sqn + 2/635 Sqn à H-6, 4/582 Sqn à H-4

Soutiens - 2/582 Sqn at H+2 utilisant des indicateurs de cible blancs.

Bombardiers - 8/582 Sqn + 14/7 Sqn + 14/405 Sqn + 13/156 Sqn + 14/635 Sqn + 2/35 Sqn

Les Mosquitoes opèraient entre 28,000 et 30,000 pieds, les illuminateurs étaient à 15.000 pieds. Le Master Bomber et son adjoint étaient entre 10.000 et 11.000 pieds, une orbite sur la droite leur a été spécifiée. Supports et bombardiers étaient entre 11.000 et 14.000 pieds.

Indicatif du Master Bomber : CARTEX

Mot de passe pour cesser le bombardement : MONKEYNUTS

Mosquito XVI, ML900, Squadron Leader, (Pilote). Desmond Hayward Sidley Kay, Flight Lieutenant (Navigateur) W.L. Reinhart du 109 Squadron, opération Pathfinder. Décollage à 23h50. Cible à Rennes, marquage de 28,000 pieds (8,500 mt). (A.R 5513). (Automatic Release Navigational Aids Oboe). Pas de défense, temps clair. Retour à 03h00.

Mosquito XVI, ML956, Flight Lieutenant (Pilote), J.B. Burt. Flight Lieutenant (Navigateur), Ronald Edgar Curtis. Décollage à 23h30. Cible à Rennes, marquage de 30, 000 pieds (9,100 mt). (A.R 5513). Flak légère en dessous, temps clair. Retour à 02h40.

Mosquito IX, LR510, Flight Lieutenant (Pilote), Frank Cyril Petts, Flight Lieutenant (Navigateur), B.S. Swift. Décollage à 23h45. Cible à Rennes, avion en réserve, cible non attaquée, marqueurs ramenés à la maison. Pas de flak, temps clair. Retour à 02h50.

 

LA TACTIQUE DE LA PATHFINDERS FORCE

 

Il y avait 3 principales méthodes pour marquer les cibles ; la première consistait en un marquage visuel au sol et portait le nom de code Newhaven. La seconde était un marquage au sol à l’aveugle en utilisant de préférence le radar H2S pour établir une carte au sol afin de localiser la cible ; cette seconde méthode portait le nom de code Parramatta. La troisième méthode était un marquage dans le ciel quand l’indicateur de cible de la fusée parachute descendait lentement à l’intérieur d’un nuage qu’il colorait ; cette méthode portait le nom de code Wanganui . Si les Mosquitos équipés du système "Oboe (1)" utilisaient cette méthode, cela portait le nom de code "Musical Parramatta". Ces noms de code provenaient des lieux de résidence de 3 membres du personnel de l’Etat-Major de Bennett.

Les équipages de la PFF devaient accomplir des missions et des tâches de plus en plus sophistiquées, qui étaient constamment modifiées et développées sur le plan tactique au cours de la campagne de bombardement qui a eu lieu de 1943 jusqu’à la fin de la guerre. Parmi les tâches les plus courantes figuraient les « Finders » (Les Découvreurs) ; il s’agissait des avions du N° 8 Group dont la tâche consistait à larguer des bombes éclairantes d’abord sur les points critiques situés sur l’itinéraire de bombardement pour aider la navigation et faire en sorte que le flux de bombardement reste compact ; ensuite elles étaient larguées sur la zone approximative de la cible. Si les conditions étaient nuageuses, alors elles étaient larguées en utilisant le radar H2S.

Les "Illuminateurs" (dispositif d’éclairage) étaient des avions de la PPF qui volaient devant la Force Principale et larguaient des marqueurs d’indicateur de cible (Target indicators) (TI’s) sur la cible désignée, déjà éclairée par les « Finders ». De nouveau en cas de nuages on avait recours au radar H2S. Les TI’s devaient brûler en dégageant différentes couleurs pour empêcher la défense allemande d’allumer des leurres. Ces TI’s portaient des surnoms comme Pensées Roses, Boutons Rouges, Volutes de Fumée. Les "Illuminateurs" (Illuminators) pouvaient comprendre des Mosquitos équipés du "Oboe" si la cible se situait à portée du tir très précis des "Oboe". Ensuite les "Markers" lançaient des bombes incendiaires sur les TI’s juste avant l’arrivée de la Force Principale. Des "Renforts" ou "Supporters" jalonnaient le flux de bombardement pour observer les premiers TI’s si cela s’avérait nécessaire. A mesure que la guerre se déroulait on introduisit le rôle extrêmement dangereux de "Maître Bombardier" ("Group Captain and Master Bomber") qui était une sorte de maître de cérémonie ; il s’agissait de l’avion éclaireur (habituellement piloté par un Officier Supérieur chevronné) qui tournait autour de la cible et diffusait les instructions à la fois aux "Pionniers" (Pathfinders) et aux avions de la Force Principale, en corrigeant les points de mire/visée et en coordonnant généralement l’attaque. Le "Master Bomber" était parfois secondé par autre avion, un adjoint nommé le "Deputy Master Bomber".

La proportion d’avions éclaireurs et de bombardiers appartenant à la Force Principale variait beaucoup en fonction de la difficulté et de la localisation de la cible ; 1 pour 15 était habituel mais cela pouvait se réduire à 1 pour 3.

Début 44 la majeure partie du commandement des bombardiers effectuait les bombardements à moins de 3 miles des indicateurs PFF, ce qui constituait un énorme progrès en matière de précision.

Le succès ou l’échec d’un raid dépendait considérablement du placement des marqueurs de l’Eclaireur et de la manière dont le marquage était ensuite corrigé.

(1) Le Oboe était un système de localisation des objectifs destiné au bombardement aérien sans visibilité et utilisé par les Britanniques au cours de la Seconde Guerre mondiale. Il était fondé sur la technologie des transpondeurs radio. Ce système a été employé la première fois en décembre 19411 à peu près à l'époque où le radar H2S fit son apparition.

 

 
 

COMPOSITION DE L'ÉQUIPAGE DU LANCASTER III ND814

Squadron Leader (Pilot). HENEY, HAROLD WRIGHT.

GO

Flight Lieutenant. BROWN, STEPHEN WATSON.

GO

Pilot Officer (Air Gnr.). HARRINGTON, ALLAN GEORGE.

Sergeant Flt. Engr. CUDLIPP, LEONARD WILLIAM.

GO

Flight Lieutenant (Nav.). LAMB, RONALD DAVID.

Pilot Officer (Air Gnr.). ROSS, FRANCIS ROBERT.

Flight Sergeant (W.Op./Air Gnr.). WEBB, FRANK SIDNEY.

GO

ABSA 39-45 - 29 avril 2016 - Dahiot Daniel