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Saint-Clément "Longueveille", Manche Codé 4R+RN |
La contre-attaque de Mortain, nuit du 7 au 8
août 1944.
Dans la nuit du 6 au 7 août 1944, vers 2 heures
du matin, les habitants de Saint-Clément-Rancoudray,
entendent un vacarme épouvantable. Le ciel est
illuminé par un grandiose feu d'artifice. Un avion de
la Luftwaffe est tombé en flammes avec tout son
chargement de bombes sur une colonne de Tigres montant au
front. Un char brûle ; trois de ses occupants
réussissent à en sortir, mais telles des
torches vivantes, ils sont bientôt réduits en
cendres sous les yeux des habitants du village de
Longueveille. (Bibliographie)
Au nord de cette ville, fait rage un violent combat
pour le village de Saint Barthélemy. Ici sont
engagés les détachements du
SS-Panzergrenadier-Regiment 2 et le I./SS-Panzerregiment 1.
L'attaque est lancée avec deux heures de retard.
Alors qu'il suit la route Caen-Rennes, un Jabo
s'écrase sur le panzer de tête près du
hameau de (Longueveille), situé à 6
kilomètres de Saint Barthélemy, embouteillant
le passage des chars. Il faut deux heures pour retirer tous
les chars en marche arrière avant de se remettre en
marche vers le village.
5./NJG 2
(FF) Oblt. Holzhausen Heinz-Dieter (MIA).
(BF) Uffz. Schaub Helmut (MIA).
(BS) Fw. Mayer Adam (MIA).

Propos recueillis par Gérard en octobre 2008.
Nous avons rencontré 2 témoins de l'époque : le premier avait 6 ans en août 44, il habitait la "Petite Fieffé", située à droite de la route en allant vers la "Tournerie", il se rappelle de 2 événements bien distincts : une nuit, toute la famille a été réveillée par une colonne de chars qui contournait leur ferme par un chemin passant derrière leur maison (un des chars a accroché le pignon, photo ci-dessous), la route était en feu après le carrefour, à l'entrée de Longueveille.
Le lendemain matin il a pu voir un cratère qui coupait la route et des chars brûlés, détail macabre, un (ou 2) aviateurs avec leurs parachutes étaient restés accrochés aux branches des arbres.
2ème témoignage. C'est le souvenir le plus présent car il se déroule sur une année c'est celui qui l'a marqué tout particulièrement : avant ou pendant l'opération Luttich, un chasseur allié s'est écrasé sans son pilote à 50 mètres à l'est de la "Petite Fieffé", il avait encore ses 2 bombes non explosées, les soldats allemands étaient présents éloignant les civils. A la saison 1945, 2 prisonniers allemands sous la garde de Mr Sallot de Rancoudray, ancien prisonnier de guerre lui-même, s'occupaient du déminage, les allemands étaient de bons pères de famille et passaient des soirées avec les enfants de la "Petite Fieffé", la première bombe fût démontée sans problème, mais la deuxième pulvérisa les prisonniers et laissa leur garde indemne.
Second témoin, il avait 9 ans et son témoignage est plus précis : il faisait partie d'un groupe de 18 réfugiés qui dormaient à Longueveille, dans la maison en colombage sur la photo. Son père et son oncle dormaient dans les charrettes à l'extérieur, prêts à évacuer. Au beau milieu de la nuit pendant la contre attaque, ils furent réveillés par un vacarme assourdissant et les lueurs d'un incendie. lls étaient aux premières loges pour voir le brasier le carrefour, tous ces témoins n'ont pas fermé l'oeil de la nuit. Au retour d'exode, ils ont pu voir un trou rebouché au niveau du carrefour ainsi que deux carcasses noircies de blindés allemands, un gros, un plus petit et une chenillette déjà poussés dans le champ à gauche par une ouverture dans la haie, haie qui a disparu depuis. Un seul aviateur se trouvait effectivement carbonisé et adossé à un arbre, il y est resté 3 semaines ! L'avion était allemand, et il y avait 3 membres d'équipage, un des moteurs à "roulé" en contrebas et s'est arrêté à 20 mètres de la maison ! Les véhicules ont étés découpés plus d'une année après. Il ne les a jamais approchés, ses parents le lui avaient interdit.
C'est donc un bombardier allemand en difficulté qui s'est écrasé sur une colonne de panthers de la Leibstandarte montant à l'assaut de Saint Barthelémy le deuxième jour de la contre-attaque ! Effectivement, le reste de la colonne a dû reculer et contourner le village par la droite, en débouchant finalement au niveau du calvaire sur la photo.
Dans la nuit du 7 au 8 août un Ju 88 explose en vol et les débris tombent sur des Panzer, tuant quelques hommes.
Le général Obergruppenführer Preuss en rédige un rapport de cet évènement qui donne au général lObergruppenführer Paul Hausser.
Longueveille, et la maison en colombage, à droite et devant dans la prairie site du crash du Ju 88
A notez : certaines pièces de ce Ju 88 sont
estampillés comme étant des pièces de
Ju 188, notamment
la partie arrière des Ju 88 G-1
Merci pour l'excellent travail sur le crash du Ju 88,
récits et témoignages de Bruno LEVERRIER, S LETESSIER,
G LELANDAIS.






Gérard Bourrel pour l'ABSA 39-45. 11/02/2016